Contenu

VDN du 21 Octobre 2005 : Le 16è congrès des villes cyclables est organisé à Lille

Le club des villes cyclables a été créé en 1989 par dix villes désireuses d’opérer un meilleur partage de la rue. En faveur du vélo, évidemment. L’organisation, présidée par Denis Baupin, élu parisien (Verts), rassemble aujourd’hui 760 villes. Près de 350 joyeux cyclistes (élus, techniciens...) sont réunis depuis mercredi et jusqu’à ce soir à Lille Grand Palais, à l’occasion de leur seizième congrès. Un lieu de réflexion qui vise à combattre les freins à l’utilisation de la bicyclette en ville.

  • Le vélo, c’est d’un autre temps?
    « Pas dans un contexte d’augmentation du prix du pétrole et de changement climatique, argumente Denis Baupin. Il ne s’agit pas de revenir en arrière. Il s’agit simplement de corriger une erreur. Le vélo est un moyen de déplacement qui doit être la norme. » Et de prendre l’exemple de l’Île-de-France où « la moitié des déplacements automobiles font moins de trois kilomètres ».
    D’ailleurs, les collectivités suivent le mouvement, notamment dans la région, en aménageant des itinéraires cyclables (384km rien que sur la métropole lilloise) ou en favorisant les initiatives (prêts de vélos...). Certaines institutions emboîtent le pas, comme par exemple la Catho de Lille, qui vient de créer un parc de 200 vélos accessibles aux étudiants et salariés (25 places de stationnement supprimées et trois contrats aidés créés pour l’entretien).
  • Le vélo, c’est inconciliable avec le climat?
    Et comment font les pays du nord de l’Europe, qui « n’ont jamais eu le discours du tout-voiture »? Exemple à Courtrai (B), que les congressistes ont visité cette semaine : 70 000 habitants ; six personnes à la cellule mobilité (deux à Lille, à titre de comparaison) ; un budget aménagements cyclables de 500 000€ E par an (« Un chiffre qui fait rêver certains élus français ») ; un code de la rue qui donne la priorité aux plus faibles ; un tiers des salariés de la mairie qui vient au travail à bicyclette...
  • Le vélo, c’est dangereux?
    En 2003, il y a eu en France près de 6000 tués sur les routes, et moins de 200 cyclistes (163 en 2004). « Quand les cyclistes sont en nombre, les automobilistes adaptent leur comportement. Il y a un effet de masse. Et quand l’outil devient facile à utiliser, visible, voire branché, toutes les réticences tombent. »
  • Le vélo ne risque-t-il pas d’être volé ?
    Sauf si le marquage se généralise. Pour l’instant, il est pris en charge par des associations, de manière artisanale, qui centralisent les vélos fichés sur un site internet (www.fubicycode.org). Denis Baupin ajoute que « 40% des vélos volés sont retrouvés, sans souvent qu’on arrive à identifier les propriétaires, faute de marquage ». 400 000 vélos sont dérobés en France chaque année. Le marquage aurait un effet dissuasif. Au Danemark, où il est obligatoire, le cycliste a 40% de chances de retrouver son vélo (2% de chances en France).
  • Le vélo, c’est aussi...- « Un vaccin contre l’obésité, dont on parle beaucoup en ce moment »,
    selon Denis Baupin. C’est aussi un enjeu pour le club des villes cyclables qui ne désespère pas d’inciter le gouvernement à créer des chèques-déplacements (au même titre que les chèques-restaurants) avec lesquels on pourrait acheter les titres de transport ou louer des vélos pour aller au travail. Chèques financés par l’employeur et le salarié. En somme, ce que souhaite l’organisation, c’est enfin une « vraie politique nationale du vélo ».
Christophe CARON

  • Arras
    40 600 habitants
    La ville affiche environ 15km de pistes cyclables, dont une grande partie matérialisée au sol, sur la chaussée, par une bande verte et le reste sur les trottoirs les plus larges. Les cyclistes sont par ailleurs autorisés à emprunter les couloirs de bus.
  • Calais
    77 300 habitants
    25km de pistes et bandes cyclables, et trois quarts des feux tricolores équipés de sas réservés aux vélos. La ville compte environ 500 arceaux de stationnement pour les deux-roues, disposés tous les 50 mètres en centre-ville.
  • Lille
    166 300 habitants
    La capitale régionale totalise 56km d’aménagements cyclables (pistes et bandes). À signaler également : le développement des contresens cyclistes, du gardiennage et de la location, avec l’association Ch’ti Vélo et Transpole, l’exploitant du réseau de transports en commun (vélos électriques cette fois).
  • Maubeuge
    33 500 habitants
    Ici, on ne peut pas parler d’un réseau de pistes cyclables... même s’il en existe quand même quelques tronçons, notamment là où les voies sont refaites. À l’office de tourisme sont proposés des vélos en location depuis le 19mai dernier : une nouveauté pour laquelle la ville a investi dans l’achat de 22 vélos, deux remorques pour enfants, quatre porte-bébés. Tarifs : de 6€ pour une heure à 32€ pour trois jours. Un service qui n’a pas affiché complet cet été...
  • Roubaix
    97 000 habitants
    L’originalité, c’est que trois vélopoles gardés ont été inaugurés il y a un mois, dans trois parkings du centre-ville : Grand-Rue, Eurotéléport et Blanchemaille. Le principe est d’inciter les automobilistes à y laisser leur voiture et poursuivre leur chemin en deux-roues. Une quinzaine de vélos sont disponibles à la location pour 1€ la journée (avec casque et siège enfant au besoin). Symboliquement, la ville de Roubaix a par ailleurs acquis cinq vélos pour ses employés.
  • Tourcoing
    93 500 habitants
    La ville annonce 18km de pistes ou bandes cyclables et, depuis deux ans, a largement misé sur la formule du contresens. Les dernières réalisations de ce type datent de l’été 2004 (1830 mètres). Objectif : 30km de pistes et bandes cyclables avant la fin du mandat.
  • Valenciennes
    41 300 habitants
    Au moment où le visage de la ville va se transformer avec l’arrivée du tramway, il faut signaler la volonté de développer dans l’agglomération des réseaux cyclables continus. Depuis l’année dernière, un système de location de vélos est apparu à Valenciennes. Pour l’instant, un seul centre de location existe, en face du stade Nungesser, et trente vélos sont disponibles. Pour sensibiliser les jeunes Valenciennois, le SITURV (syndicat intercommunal des transports urbains de Valenciennes) a également signé des conventions avec deux lycées (Wallon à Valenciennes et Kaessler à Denain) pour lutter contre le vol en construisant des parcs de stationnement surveillés.
  • Villeneuve-d’Ascq
    65 000 habitants Villeneuve-d’Ascq a donné l’exemple
    La commune est exemplaire en terme de déplacement des vélos (et des piétons aussi). Elle compte aujourd’hui 35km de pistes et bandes cyclables (en plus des chaussées piétonnes accessibles aux cyclistes). La problématique a en fait été prise en compte dès la naissance de cette ville nouvelle, dans les années 70. De nombreux sentiers et petits chemins ruraux qui préexistaient ont été conservés, quelques-uns créés. Il faut y ajouter 24 parcs à vélos répartis sur le territoire communal.
  • Et aussi Exemple d’initiative à l’institution Sainte-Marie (collège et lycée) de Beaucamps-Ligny, près de Lille, qui a acquis une flotte de vélos grâce à l’aide de la Région et de l’ADEME. On peut citer cette sortie de classe de 4e à la découverte des Weppes, ou alors le choix entre vélo et bus pour les sorties cinéma à Santes, pour cinq classes de lycée.

Villes membres du club des villes cyclables dans la région :
Bondues, Calais, Douai, Dunkerque, Lille, Loos-en-Gohelle, Roubaix, Le Touquet, Tourcoing, Villeneuve-d’Ascq.

Population : sources
- communes de la Communauté urbaine de Lille : site de la CUDL
- autres communes : Recensement Général de la Population Française de l’INSEE (1999)