Semaine de la Mobilité 2006

publié le 21 septembre 2006 (modifié le 28 mars 2011)

du 16 au 22 septembre, semaine de la mobilité
Bougez autrement, la meilleure énergie, c’est la vôtre
La 5ème édition de la semaine de la mobilité est organisée par les Ministères de l’Environnement et du Développement durable et des Transports, du Tourisme et de la Mer.

Constat

Au niveau planétaire, les modifications climatiques se font de plus en plus durement sentir : épisodes météorologiques extrêmes, réchauffement climatique.
Au niveau national, la pollution atmosphérique dans les villes, le bruit sont de plus en plus difficilement ressenti par les habitants.

Les transports routiers, la circulation des véhicules individuels sont clairement identifiés comme responsables de la dégradation de l’environnement. Un déplacement automobile sur deux est inférieur à 3 km et un sur quatre est inférieur au km.

Les conséquences sanitaires de la pollution automobile sont nombreuses :
Augmentation des affections respiratoires, stress, insomnies, maladies cardio-vasculaires, dégradation des défenses de l’organisme, incidence sur la mortalité à court, moyen et long terme. Ainsi, une étude de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire Environnementale (AFSSE) menée en 2003 a estimé à près de 10000 le nombre de décès prématurés attribuables en France à ces pollutions en 2002.

D’autre part, la conviction de la baisse inéluctable des ressources pétrolières dans les prochaines années, et de l’augmentation irréversible des prix des carburants est partagée par tous.

Changer les comportements individuels

Face à ce constat, il faut cesser de faire l’autruche et de continuer cette course effrénée vers la catastrophe. Il faut réviser du tout au tout nos mentalités. L’ère de la priorité à l’automobile est terminée. Au plus tôt nous changerons nos comportements dans nos déplacements, et plus facile sera la transition.

Dans le Douaisis, avec l’arrivée prochaine du tram, et les travaux actuels, une occasion est donnée à chacun de réfléchir à des modes de déplacement plus respectueux de l’environnement. Pour chaque déplacement, chacun doit s’interroger : quel est le moyen de transport le plus adapté et le moins polluant?

  • Pourquoi pas le co-voiturage pour des voisins travaillant dans la même entreprise?
  • Pourquoi pas le vélo, le jour est le temps est clément?
  • Pourquoi ne pas prendre le temps, le samedi, d’aller chercher le pain à pied?
  • Pourquoi conduire les enfants en voiture, alors qu’un ramassage scolaire existe?

Prendre le vélo ou marcher régulièrement, c’est l’assurance d’une qualité de vie sans stress, d’une amélioration de sa condition physique.

L’association Droit D’Vélo depuis début septembre a pris deux initiatives : le vélo-bus entre Courchelettes et la foire de Douai à Gayant-Expo ; un voyage sur l’île de Walcheren aux Pays-Bas, le vrai pays du vélo. Nous assurons un rôle d’éducation populaire et citoyenne pour informer les citoyens et leur permettre d’aborder des problématiques complexes sur les déplacements, la santé, l’environnement.

De bonnes idées pour l’avenir

Le coordonnateur interministériel pour le développement du vélo doit proposer des mesures réglementaires allant dans le sens de l’apaisement de la circulation en ville.
A l’étude actuellement, le « code de la rue », sur le modèle de ce qui se fait en Belgique, doit promouvoir :

  • un principe général de prudence, établissant la responsabilité de l’usager le plus fort par rapport au plus faible ;
  • le concept de « zone de rencontre » avec vitesse limitée à 20 km/h et priorité aux piétons ;
    la généralisation du contresens cyclable pour toutes les rues à sens unique, que nous connaissons déjà à Douai.

Localement, des projets se réalisent :
- La piste cyclable devant Renault, bel exemple de prise de conscience des pouvoirs publics et des industriels (qui se rappellent qu’un accident de trajet, c’est un accident de travail) qui ont vu l’intérêt de donner une suite aux demandes de sécurité des cyclistes quotidiens. Souligner son intérêt (à la piste) pour le loisir et appeler à d’autres réalisations du même genre ailleurs. Rappeler notre présence à son inauguration (1ère fois qu’on inaugure autre chose qu’une bretelle d’autoroute !). Ça donne une idée du changement !
- L’aménagement des zones industrielles qui intègrent les pistes cyclables ;
Mais il faut souligner les contradictions dans la mise en place d’une politique vélo à Douai, par exemple, avec la création des dépose minute (+2km dans le Nord pour le collégiens, c’est transport collectif gratuit, en dessous, pieds et vélos suffisent), dépose minute annoncés à grand renfort de pub aux parents quand il n’y a jamais eu une seule initiative prise pour demander aux parents d’emmener leurs gosses à pied ou à vélo à l’école !
C’est un axe essentiel que celui qui consiste à éduquer les plus jeunes sur ces questions. C’est la responsabilité de la Mairie d’engager ce travail.

D’autres initiatives locales méritent l’attention, et se développeront à l’avenir :
- Les Plans de Déplacement d’Entreprise (PDE) permettent de favoriser l’usage de moyens de déplacements alternatifs à l’automobile : transports en commun, vélo, marche à pied ;
- Pour les établissements scolaires, les vélo-bus et les pédibus, à l’initiative des associations de parents, les chefs d’établissement et les associations de cyclistes, regroupent les élèves d’un quartier pour rejoindre leur école ou collège encadrés par un adulte ;
- Les parking-relais à l’entrée des villes, associés à des navettes gratuites ou des prêts de vélos permettent d’éviter aux automobiles de pénétrer dans la ville. La ville de Douai tente de développer cette initiative.

A l’avenir, il faudra beaucoup d’imagination, de travail et de courage politique pour mettre en place toutes les alternatives à la politique actuelle de priorité à l’automobile. La prise de conscience des responsables politiques n’est pas également partagée : certains élus sont prêts à innover, quitte à heurter les habitudes fortement ancrées des accros de l’automobile. Dans le Douaisis, avec l’arrivée prochaine du tram, les habitudes devront changer, mais ce n’est pas acquis. La ville de Douai, la Communauté d’Agglomération avancent dans la bonne voie, même si rien n’est simple. Mais les autres communes du Douaisis sont à la traîne. Encore trop souvent, les cyclistes sont négligés ou refoulés.

Pour notre part, en tant qu’association de cyclistes au quotidien, nous nous efforçons de soutenir les initiatives des collectivités locales qui renforcent la présence du vélo, nous dialoguons avec tous dans un esprit d’ouverture. Nous souhaitons être associés au plus tôt aux projets d’aménagement de chaussée, ou de logement, pour éviter de nous battre plus tard contre l’absence d’aménagement cyclable. Trop souvent des travaux de voirie sont effectués sans prévoir des aménagements cyclables contrairement à l’article 20 de la loi sur l’Air (décembre 1996).

Réduire la place de l’automobile en ville, accorder plus de place aux piétons, aux cyclistes, aux handicapés, aux voitures d’enfant, c’est la garantie d’un cadre de vie et d’une santé préservés, d’une qualité de vie améliorée, d’une circulation apaisée, et ce sera joyeux !

Pour l’année prochaine, notre association se fixe comme objectif de convaincre la Communauté d’agglomération du Douaisis, la ville de Douai, et d’autres de s’associer à la semaine de la mobilité 2007.