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Lettre 53 - page 2

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Lettre DDV n°53
(8p, PDF, 1.4Mo)

Le code de la rue prend forme

En 2010, deux nouveaux décrets du code de la route ont été promulgués, qui renforcent et rendent visibles le « Code de la Rue », code spécifique à la circulation en agglomération. Le premier décret date de juillet 2010 et définit le principe de prudence vis-à-vis du plus vulnérable. Ainsi, les conducteurs d’engins motorisés doivent adopter une conduite permettant de respecter la sécurité des piétons, cyclistes et personnes à mobilité réduite. Il définit une nouvelle zone : la zone de rencontre, où la vitesse automobile est réduite à 20 km/h, et il généralise les Double-Sens Cyclable dans les zones 30 (sauf exception motivée du maire).

Le décret de novembre 2010 permet les maires d’autoriser le « tourne-à-droite » aux feux tricolores pour les cyclistes, après une expérimentation concluante de deux ans à Strasbourg et Bordeaux, tout en maintenant la priorité aux piétons. Il autorise les piétons à traverser les chaussées en manifestant clairement son intention de traverser et dans les règles de sécurité.

Enfin, le décret de décembre 2010 assouplit un certain nombre de règles de stationnement, en particulier autorise le stationnement des cyclistes dans les zones piétonnes, où ils sont autorisés à circuler au pas.

L’ensemble de ces règles, quand elles seront entrées dans les habitudes, contribuera à apaiser la circulation automobile en ville, et permettra la cohabitation entre les différents usagers de l’espace public. Nous ne pouvons que nous en réjouir.


Commémorations

Parmi toutes les commémorations qui embrouillent nos esprits tout le long de l’année, il en est une, discrète, qui a retenu notre attention : le Centre historique minier de Lewarde a replacé le vélo qu’un mineur avait utilisé pour se rendre chaque jour au travail dans le garage à vélos de la Fosse Delloye.

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Celui-ci l’a offert à ce lieu de mémoire pour y être non pas exposé mais remis à sa place, attendant fidèlement la remonte de son propriétaire. Cela nous renvoie à une époque où « les vélos se parlaient » (Aragon) à la sortie des usines, où le vélo formait avec la casquette et la clope au bec, un brelan symbolique de la condition ouvrière. C’était un temps avant les PDE (Plan de Déplacement d’Entreprise) où le turf n’était jamais trop loin du domicile, où l’on faisait route avec les copains de l’atelier sans savoir qu’on formait un vélobus, où chaque vélo avait sa plaque d’immatriculation pour laquelle il fallait acquitter une taxe.

Vélo quotidien, vélo utile-outil, qui formait un sacré couple avec son prolétaire de cavalier, aujourd’hui suspendu à son râtelier, pour l’éternité !

(Info glanée dans Passerelle, journal d’information du CHM, Déc./Janv. 2011)


Cyclistes figés par l’hiver

Le Général Hiver n’a pas pris de moufles pour nous organiser des catastrophes début décembre, prenant à contrepied ceux qui pensaient que le réchauffement climatique, c’était toujours ça de gagné pour le bronzage ! Le froid, la neige, le verglas partout. Le pays par terre. Les files de voitures piégées par la neige, abandonnées par leurs propriétaires. Plus de sel, plus de glycol ! Plus de transports aérien, ferroviaire !

Peu d’intérêt a été porté à la condition du cycliste en hiver, un peu de commisération et encore ! Bien sûr, les bandes cyclables n’ont pas été déneigées, encore moins salées. Beaucoup avaient rendu les armes et remisé à contre cœur leur monture et c’est comme marcheur, qu’ils ont pu apprécier les difficultés de leurs collègues à vélo, transformant leur engin en draisienne pour parer à la chute, se faufilant dans la sente étroite dégagée par la neige fondue par le passage des autos. Les grands axes, boulevards, avenues, passe encore mais les petites rues du centre de Douai, ou les voiries des cités restaient impraticables toute la journée. Et pourtant nous avons vu des cyclistes qui s’obstinaient à utiliser les bandes cyclables envers et contre tout, comme si le reste du réseau leur était interdit, poussant leur engin, glissant plus que marchant, comme s’il fallait rajouter de la galère à la galère !

Ce petit mot n’a pas pour objet de rappeler « un évènement climatique sévère », désormais derrière nous, mais plutôt de souligner pour nos amis cyclistes qu’ils ont de plein droit l’usage du réseau déneigé par les services de voirie ou le passage intensif des voitures et ne sont pas obligés de jouer les équilibristes sur les voies qui leur sont destinées -qui ne sont jamais que conseillées-. Occuper sa place sur la route n’a jamais autant de sens que lorsque l’aménagement spécifique pour les vélos n’est pas maintenu en état, ce qu’on ne déplorera jamais assez !