Lettre 53 - page 8

publié le 8 février 2011 (modifié le 8 mars 2011)

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Lettre DDV n°53 (format pdf - 1.3 Mo - 07/02/2011) (8p, PDF, 1.4Mo) Je ne porterai pas de gilet fluorescent cet hiver !

(d’ailleurs, je n’en ai pas porté cet été non plus...) Les récentes volontés de légiférer autour de l’obligation pour les cyclistes de ports d’éléments de sécurité fluorescent a relancé l’occuité de ce genre de mesure.

Chacun y va de son avis, la France compte bien 61 millions de députés. Le code de la route astreint déjà les cyclistes à une visibilité minimale, pourquoi cette surenchère sécuritaire ?

Le gilet tel qu’il existe actuellement, n’est pas assez discriminant. Certes il informe l’automobiliste d’une présence (humaine?) mais ne renseigne pas sur un partage de la voie, trop d’autres usagers en porte (syndicaliste, livreur, cantonniers, porteur de journaux, prostituée catalane*, ...) si on espère, au mieux, que l’automobiliste saisisse l’information, celle-ci risque de ne pas être jugée pertinente et ne pas engendrer de comportement spécifique.

Nous avons intérêt à ce que les autres usagers de la route puisse identifier rapidement et sans doute la nature de notre véhicule et ses caractéristiques (vitesse, encombrement, vulnérabilité...) à mon sens, les obligations légales d’éclairage et de dispositifs rétro réfléchissants sont plus informatifs. Reste à les compléter d’un casque à LED par exemple, à l’instar de la lumière verte clignotante** que les motards testent actuellement pour une identification sans équivoque.

Reste que cet os à ronger qui nous est donné (et surtout donné aux autres usagers de la route, renforçant par là que la pratique du vélo et que les vélos en général sont dangereux) est un leurre de solution à bas coût pour notre sécurité. Qui utilisait ces gilets il y a seulement deux ou trois ans ? Alors qu’il me semble que les vélos peuplent nos routes depuis plus longtemps.

Cet accoutrement n’est rien d’autre qu’un gadget discriminatoire et que je qualifie d’humiliant, un bonnet d’âne brillant, sans garantie aucune de sécurité. Un cycliste renversé sera toujours taxé d’invisibilité (cf. l’événement récent qui a endeuillé la communauté cycliste lilloise), un cycliste engiletté ou fluorescent renversé restera une pauvre victime de la providence.

Si nous n’avons pas confiance en les capacités de contrôle de nos voisins de route, allons au bout de cet argument : protégeons nous, portons casque et gants, vêtements protecteurs (ils peuvent être voyants) et un avertisseur sonore digne de ce nom, capable de signaler notre présence efficacement à ceux qui commandent à la destinée de plus d’une tonne d’acier et de plastique et qui jouent parfois avec notre vie.
D’autres solutions restent à trouver***.

Denys

*Prostituées espagnoles
**Test différenciation moto
***Piste cyclable perso, Vélo de cirque


Jamais sans mon gilet !
Certes, on pourrait trouver une couleur, ou autre, qui identifierait tout de suite un cycliste. Pourtant, depuis que ce gilet est apparu, je le mets systématiquement le soir, en ville. Pour moi, c’est un plus pour ma sécurité, sans être absolu. Je sais que beaucoup d’automobilistes ont adopté une conduite plus prudente, mais je sais aussi que certains se croient toujours sur des circuits, sans mesurer qu’ils ont une arme chargée entre les mains.

De plus, je voudrais que les jeunes adoptent ce gilet, car la plupart du temps ils n’ont pas d’éclairage et ce gilet serait le seul moyen d’être vu au petit matin d’hiver. Raison de plus pour le mettre moi-même.

Mais pour le casque, je défends mordicus la position de la Fédération (FUBicy), pas d’obligation. Même si le risque de choc existe, l’imposition du casque limiterait le développement de l’usage du vélo. C’est bien la conduite automobile qu’il faut changer en agglomération.
Et avec les mesures récentes, j’ai bon espoir.

Victor