Billet d’humeur automnal

publié le 4 octobre 2011 (modifié le 5 octobre 2011)

La scène se passe au bout de la rue d’Esquerchin, à la sortie du giratoire que le Cycliste quitte à vive allure - tout est relatif - la déclivité garantissant un des rares moments d’émotion liée à une descente à Douai.

Il en vient ainsi à disputer l’étroit resserrement de la chaussée à un véhicule hors normes (urbaines), un gros 4/4 Mercedes, qui veut lui aussi s’engager dans la rue d’Esquerchin.
Celui-ci le rattrape sur la chaussée, la vitre fumée du mollosse automobile s’abaisse doucement :

- « Monsieur, vous devriez rouler sur la piste cyclable qui vous est réservée ».

Ciel, un rappel aux bonnes pratiques ! A un endroit où l’aménagement cyclable consiste à escamoter le cycliste de la circulation, pour l’y ramener sous les roues des voitures sans aucune visibilité. Des aménagements cyclables comme celui la, très peu pour moi, je préfère me rappeler que je suis un véhicule comme un autre mais non motorisé.

- « Monsieur - persiflé-je - vous représentez avec votre grosse caisse une bonne dizaine de cyclistes à vous tout seul. Le gabarit de votre véhicule ne me semble pas adapté aux rues douaisiennes, vous devriez l’abandonner dans un parc relais et utiliser les transports en commun ».

- « Monsieur -réplique, toujours aussi posément et poliment mon interlocuteur dont je ne vois du visage que ce que veut bien révéler la pénombre régnant dans l’habitacle-, j’ai une famille à transporter et suis obligé d’utiliser un véhicule approprié ».

- « Certes mais la masse de métal que vous emmenez partout et qui se justifie dans les cas de figure rares à Douai de transport de lance missiles et de mercenaires ou de franchissement d’oueds que la crue rend furibonds, vous donne un très mauvais bilan carboné et une empreinte écologique désastreuse ».

Conversation intéressante mais peu aisée à suivre, eu égard à la disproportion des moyens de déplacement en présence, je rappelle, vélo versus gigantesque 4/4.

- « Mais moi, Monsieur, je paye ! », conclut-il en relevant sa vitre de dépit.

Touché ! Je ne paye pas pour rouler ! Si ton auto te coûte, mon vélo me rapporte (trente euros tous les mois) !

Cet article fait partie de la Lettre DDV n°55 de l’automne 2011
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