Edito d’hiver 2012

publié le 12 février 2012 (modifié le 21 février 2012)

edito

GARANTIR LA MOBILITÉ EN TOUTE INDÉPENDANCE

 

Triste bilan - La voiture individuelle, symbole de liberté,… si on en croît les publicités qui inondent les médias. On y voit un homme, le plus souvent, au volant de son merveilleux véhicule, seul dans la ville, seul sur la route, s’adonner au plaisir de la conduite.

Cette image idyllique s’est imprégnée dans l’esprit de nombreux automobilistes bloqués dans les bouchons, ralentis par leurs congénères, qui ont eu la même mauvaise idée en même temps qu’eux. Non seulement il a dû s’endetter pour plusieurs années pour l’achat du véhicule surdimensionné, non seulement le carburant ne fait que grimper, mais en plus pas moyen de se garer. Et on voudrait qu’il ait le sourire.

Cela empire de mois en mois.
Chaque matin, accidents et bouchons paralysent la Métropole lilloise.
Dans la région Nord, 1 800 000 voitures pour 4 millions d’habitants.

Concernant le carburant, nous sommes très dépendants du pétrole pour les déplacements (50,6 millions de mètres cubes en France en 2010). Il suffit d’une crise politique au Moyen-Orient, une chute de l’euro, et les cours s’envolent, c’est la panique, la révolte gronde.
Concernant les gaz à effet de serre (GES), 730 millions de tonnes d’équivalent CO2 en 2008 (d’après l’étude bilan carbone du SCOT Douaisis – mars 2011) pour la France. Franchement pas réjouissant.
Tout çà c’est la face cachée du type solitaire de la pub qui circule décontracté dans sa petite voiture. Qui peut nous garantir, sans rire, la poursuite sans fin de ce type de (mal-) développement ?

L’autruche et le trader
Elle est rigolote l’autruche qui se met la tête dans le sable pour ne pas voir les problèmes !
Qu’est-ce qu’elle a l’air c.. ! Mais on ne fait pas mieux.
Vous connaissez l’histoire du gars qui se jette du haut d’un gratte-ciel (un trader un jeudi noir ?) et qui, arrivé au 27ème étage dit : « Jusqu’ici tout va bien ! »). On en est au même point. La question n’est plus de savoir si le système va craquer (je ne parle que du système de transport), mais quand ? Dans un mois, un an ?

Y’a du boulot les gars !
Et que fait-on d’ici là, on attend ? Ou on s’y prépare ?
Quand je dis « on », je pense d’abord aux élus, nationaux, locaux, qui sont en charge de la préparation de l’avenir. Il faut dès maintenant œuvrer à la mise en place d’alternatives à la voiture individuelle. Elles existent, ailleurs dans d’autres pays, d’autres régions. Il faut les aider à démarrer. Une expérience a été tentée dans le Douaisis par l’association Voisins en Auto Partagée, avec l’aide du SMTD et de maires, mais n’a pas abouti. L’urgence n’était probablement pas encore assez forte. Il faudra aussi agir sur les changements de mentalité. Un immense travail attend les élus pour parvenir à garantir à tous la mobilité dans l’agglomération, la Région, le pays. Notre association, dont un des objectifs est la lutte contre toutes les pollutions, pourra participer à ce grand chantier.

Victor Sion

Cet article fait partie de la Lettre DDV n°56 d’hiver 2012
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