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Billet d’humeur... increvable

Je m’apprêtais à faire un de ces billets d’humeur qui permet à son auteur de lâcher la bonde, à propos d’un problème de circulation rencontré en ville, de convivialité entre usagers de la voie ou un aménagement de la route aberrant, selon les bonnes vieilles formules rédactionnelles. Tout d’abord l’exposé du problème en des termes incisifs, puis l’expression d’un point de vue plus général, une prise de hauteur, susceptible de favoriser la relativisation, et enfin , une « chute » qui soulignerait l’avantage de notre choix de mode de déplacement dont nous nous félicitons chaque jour, quoiqu’il arrive ! Le vélo, dois-je préciser ?

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Crevaison !!!

Mais, là, découragement : trois crevaisons en deux jours, la guigne ! D’accord, le pneu arrière commençait à présenter des signes de faiblesse. Je trouve quand même que la durée de vie des pneus de vélo (pas increvables !) est bien courte ! Mais trois fois ! Je voyais déjà se dessiner un complot, complot contre ma mobilité : l’ennemi a décidé de me clouer au sol, de me lier les ailes, de me couper les tendons ! On veut me voir immobile !

Angoisse. Qui ? J’avais déjà ma liste de noms !

Sauf que ce lundi, je regarde à terre en pédalant, ce qui ne doit pas m’arriver souvent. Pour voir quoi : lui, l’ennemi : le verre cassé, pilé menu, juste des points brillants explosés sur plusieurs mètres carrés ou de fines échardes transparentes. Et pas à un seul endroit, mais partout, sous les ponts, sur les pistes cyclables, aux carrefours, dans les caniveaux ; des espèces d’impacts de jets de bouteilles dont, en enquêtant, je retrouve le goulot, l’étiquette avec des morceaux de verre qui adhèrent. Auxquels on ne peut pas échapper, nous cyclistes qui aimons bien rouler les yeux au ciel, l’attention flottante.

La bière, Monsieur, voilà la responsable dira l’un - on boit trop dehors, c’est devenu un jeu de cons que de claquer sa bouteille sur le bitume des pistes cyclables. L’Humain qui est au bout de la cannette, dira l’autre - il manque d’éducation ou il est trop faible et ne peut porter sa cannette qu’à la bouche et pas à la poubelle ! Il faut inventer des bouteilles incassables, dira le troisième ou édicter un nouveau règlement, ou demander aux services de nettoyer après chaque lancer de bouteilles !

Voilà pourquoi, je suis découragé, je n’arrive pas à terminer par une morale positive ! Ah si, mon vélociste m’a proposé de chausser mes jantes de pneus increvables ! C’est fiable. Plus de problème, montage gratuit, le deuxième à 50% !
Mais, voyez vous, j’ai l’impression que quand tout le monde sera équipé en pneus increvables, on trouvera bien quelqu’un pour nous tendre des fils de fer en travers du chemin. Déprime !

Un cycliste un pneu dégonflé

Cet article fait partie de la Lettre DDV n°57 de l’été 2012
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la Lettre DDV n°57