Le vélo dans tous ses états

publié le 6 mai 2013 (modifié le 10 mai 2013)

Soixante-huitard sur le retour, baby boomer confirmé, je me suis récemment projeté dans le passé du vélo, des trente glorieuses, lors des premiers congés payés, d’après guerre en tandem, des beaux vélo en acier au titane d’aujourd’hui, d’Anquetil à Amstrong, des bons prix en francs aux prohibitifs en euros, à la lecture du livre "Le vélo" de Jean DURRY (Denoël – 1978).

Après le Grand Bi, le Vélocipède a été inventé en quelques décennies au début du 20ème siècle, et qui préfigura la Bicyclette d’aujourd’hui, conforme pratiquement en tous points aux découvertes de l’époque. L’esprit romantique de tous ces artisans a forgé ces belles machines sobres et …uniques, aux belles couleurs pastel qui vont de pair d’ailleurs avec les personnes qui les montèrent, hommes ou femmes, enjoués du luxe soudain de congés payés offerts, radieux, les cheveux au vent, vêtus du short mastic d’après guerre, parfois tirant une remorque en bois, les enfants à l’intérieur se dirigeant vers la mer, la campagne, ou pour piqueniquer au bord d’une rivière le temps d’un week-end.

La transposition de nos jours de cet équipage s’avère si le terme est sincère au cyclotourisme, à savoir : est-il un bonheur plus grand qu’une longue balade avec des amis ?

Les noms de notre deux-roues ont également évolué, comme les facteurs devenant des préposés, les femmes de ménage des techniciennes de surface, les gitans des gens du voyage, etc... Il y avait le routier, excellent compromis villes-routes, le demi-course comme son nom l’indique, le vélo de course à la compétition devenant par la suite randonneuse, hybride. Vélo de route, mais aussi vélo tout chemin, et tous terrains. L’évolution technique s’est caractérisée principalement sur le cadre et les dérailleurs. Auparavant, les tubes étaient en acier lourd, environ 17 kg (cadre, équipements), puis transformés en tube Reynolds soit 10 kg, puis en aluminium, 10kg, en carbone de 7 à 10kg, mais fragilisés en cas de chute, et en titane pour les plus riches. Les dérailleurs, quant à eux, pour l’arrière, sont passés de 3 à 10 vitesses par l’intermédiaire de deux à trois plateaux.

Les Tours de France, voire d’autres compétitions, ont connu dans le passé, notamment dans les années 1900, des exploits considérables d’hommes à la limite de la mythologie, réparant eux-mêmes leurs machines canoniques , comparativement aux coureurs contemporains, gâtés et dopés sur des Rolls de technologie.

Randonneuse Charrel en grand format (nouvelle fenêtre)
Randonneuse Charrel

J’ai été très étonné, « Le tonnerre m’est tombé sur la tête », en regardant les modèles de vélos, tous confondus, des années 1970/80 quand à leurs prix. Ainsi un vélo de course type Tour de France, Motobécane, Mercier, Bianchi, Lejeune, etc... valaient en moyenne de 3 000 à 5 000 Francs, soit 530 à 760 euros. Les vélos de course, les vélos de course, particuliers quant à eux de 600 à 1000 francs, donc 90 à 150 euros, idem pour les vélos de ville et cyclotourisme.

Incroyable, de nos jours un VTT, VTC ou vélo de ville, le plus bas en gamme en supermarché est à 150 euros, chez les Décathlon et Cie spécialistes un VTC de qualité démarre à 300 euros, davantage en montée de gamme soit 500, 600 euros, et pour un vélo de route bas de gamme 800 à 1 000 euros est requis. Quant aux vélos type Tour de France, ils valent de 7 000 / 8 000 euros à 12 000 / 15 000 euros. Quand bien même il est dit que tout est relatif, les salariés ont-ils évolué d’autant, multipliés par 4, 5 ou 6. Est-ce à dire, comme nous le découvrons constamment que ce qui coûtait 1 franc, coûte aujourd’hui 1 euro ?

Quoi qu’il en soit, le vélo, c’est la santé, la liberté, la convivialité, tendance mode et écologie, et c’est tant mieux.

A.N.

Cet article fait partie de la Lettre DDV n°59
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