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L’histoire au cœur de la Fête du Vélo 2013

C’est une fête qui célèbre chaque année le plaisir de rouler à bicyclette ensemble en ville, une fête à laquelle notre association a assortie un thème différent chaque année depuis plus de 15 ans : l’an passé les arbres étaient fêtés, cette année, c’est d’histoire que les vélos parlaient, une histoire tragique puisque c’est de la période des années sombres de l’Occupation allemande durant la seconde guerre mondiale qu’il était question !

Il y a 70 ans en effet, les premières défaites des puissances de l’Axe sur le terrain militaire autorisaient l’espoir de voir basculer la situation ! La Résistance française se structurait lors d’une réunion secrète tenue à Paris, le 27 mai 1943, qui réunissait les différentes branches de celle-ci sous la férule de Jean Moulin. La vie dans Douai occupée apportait son lot quotidien de misère, d’humiliation, de peur quand l’administration était nazie et bien installée dans de beaux immeubles : ainsi la sinistre Gestapo, créée à Douai comme une succursale spécialisée dans la chasse aux militants ouvriers du Bassin minier, occupait un immeuble imposant quai Foch.

Trois témoins, particulièrement engagés, se sont adressés à notre groupe d’une cinquantaine de cyclistes. L’historienne Monique Heddebaut, rappela la rafle des familles juives à Douai du 11 septembre 1942 et plus généralement dans le Nord de la France. Odile Hage, évoqua la belle figure de Suzanne Lanoy-Blin, résistante et jeune mère morte sous la torture, Jacques Desbonnet, témoin modeste et acteur de premier plan, parla de son expérience de résistant, de son arrestation et son jugement.

Une lecture d’Ami si tu tombes, l’autobiographie de Roger Pannequin, racontant son évasion de la prison de Douai, et une rapide évocation de Charles Debarge, ponctuèrent ce parcours dans Douai et Cuincy, qui nous permit d’emprunter ruelles et vieilles rues, mal connues.

C’est le miracle de la bicyclette de pouvoir se rendre ainsi en quelques coups de pédales près de lieux marqués par des évènements historiques et s’entendre rappeler par notre guide improvisé mais incollable, Bruno Delzenne, que l’École des Mines se situait rue Victor Hugo ou le Conservatoire n’habitait à la même adresse, ou que le Lycée Châtelet connut les vicissitudes de plusieurs destructions de ses locaux d’urgence !

On aurait pu d’ailleurs saluer plus longuement le rôle du vélo durant la guerre, car c’est à vélo que Debarge ou Pannequin sillonnaient le Bassin minier, que les gendarmes français les poursuivaient et leur tiraient des-sus, et que c’est à vélo que la population allait au ravitaillement parfois très loin dans les fermes ou en Belgique !

Mais il faut en laisser pour la prochaine fois ! A 13H00, plus de trente personnes écoutaient encore le témoignage de M Desbonnet… avant de partager les cakes de Jean-Michel, Martine et Nicole arrosés de jus de fruit bio…

Les textes des intervenants seront bientôt disponibles...

Cet article fait partie de la Lettre DDV n°60
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