Contenu

Fête du vélo 2014 - Le long de la Scarpe

Rendez vous est donné à 9h devant l’office de Tourisme, Hôtel du Dauphin, place d’Armes à Douai.
Le groupe de cyclistes, hétérogène, s’élancera quelques minutes après 9h. Car il y a du monde ce matin. C’est un peloton de plus de 50 cyclistes qui démarre cette balade "Le long de la Scarpe par les canaux"

La Scarpe moyenne traverse Douai d’Est en Ouest. Elle arrive d’Arras et s’écoule vers la Belgique en passant par Saint Amand les eaux. Nous la rejoignons au niveau du tribunal, près de la place du marché aux poissons. On la suit dans son sens d’écoulement, via le quai Desborde. Du fait de l’importance de notre groupe, nous sommes obligés de suivre le même sens de circulation que les automobiles (certains s’en trouveront bien dépités).
Mais Didier Leroy, qui s’est occupé de l’itinéraire, s’est arrangé pour limiter les interactions avec le réseau routier. Après changement de berge au Pont Saint Vaast, et par la rue des Wetz, nous retrouvons le Quai d’Alsace. De là, on rejoindra la dérivation de la Scarpe au niveau de Dorignies en passant sous le pont du boulevard Vauban.

Un peu avant cette confluence, nous faisons un arrêt au cimetière des animaux. Créé en 19XX, il recueille les sépultures des animaux de compagnie des bateliers. Entretenu par Mme XXX jusqu’à son décès, le flambeau a été repris par xxxxx. La ville de Douai, intérrogée sur le devenir de cet espace, envisage de ....

L’arrêt suivant se fait sur l’esplanade de la gare d’eau, au pied du "pont Bleu de Dorignies". C’est sur cette espace qu’est érigé tous les ans au 1er mai une chapelle et qu’une messe est dite pour les bateliers. C’est la cérémonie du Pardon de la batellerie. Le prêtre en profite pour effectuer la bénédiction de quelques bâtiments. Les péniches sont décorées et pavoisées pour l’occasion. Fanions, banderoles, calicots, claquent au vent. Le pardon de la batellerie de Douai reste l’un des plus importants de France, après celui de Conflans Sainte Honorine.

Notre guide nous emmène ensuite jusque l’écluse de Courchelettes, distante de 5km, située sur la dérivation de la Scarpe. Pourquoi dérivation? Avec l’augmentation du trafic au XVIIIè siècle et la production de charbon dans le Nord Pas de Calais, il a fallu agrandir les canaux. Voie de transport par excellence, il était impossible de traverser Douai sans provoquer d’importants dégâts sur l’architecture. Le canal de dérivation a donc été creusé.

Lors de notre passage l’écluse de Courchelettes est en travaux. La réfection ou la maintenance d’un ouvrage sur le réseau navigable s’appelle un chômage. Cette opération peut être préventive ou curative. Le chômage préventif permet de mettre à jour les différents problèmes qui seront réglés lors du chômage curatif. C’est cette 2è opération qui était en cours lors de notre visite. L’écluse de Courchelettes possède deux sas, cela lui a permis de ne pas interrompre la navigation pendant les travaux. Pour chaque sas, les portes (articulations, vérins, fosses techniques, joints d’étanchéité) ont été changés et refaits à neuf. L’intérieur du sas a été curé et nettoyé. Les maçonneries ont été rejointoyées. Des barrières et des gardes corps neufs ont été posés. Les travaux de finitions, la mise en peinture des éléments de sécurité, la pose de passerelle sur les tête des portes, intervient en dernier, juste avant la remise en eau du sas de l’écluse.
Ces opérations de réfection complètes permettent de standardiser plusieurs éléments qui se retrouvent à chaque fois sur les écluses du grand gabarit navigable (pivots de portes, support des vérins, passerelles, ... )
L’arrêt sur cette écluse dura plus de 30 minutes, car nous avons pu assister à un fonctionnement complet du sas. Une péniche annoncée à l’aval est entrée dans l’écluse suivie d’un bateau de plaisance. La porte aval s’est fermée, puis le sas s’est rempli d’eau jusqu’à combler la différence de niveau avec le côté amont. Une fois à égalité de niveau, les portes amont se sont ouvertes et les deux bâtiments ont pu sortir du sas et poursuivre leur route. La péniche de 1500t qui était dans le sas emportait l’équivalent de 50 camions de marchandises.

Nous reprenons la route. Nous sommes obligés d’effectuer un détour par Corbehem pour retrouver la Scarpe moyenne, à Courchelettes.
Fabienne Choeur, retraitée du service navigation et présidente de l’AMPAVE (Association Mémoire Patrimoine et Activités de la Voie d’Eau) a obtenu l’autorisation de traverser le chantier naval Despinoy. Bien évidemment nous ne sommes ni au Havre, ni à Dunkerque, mais dans le douaisis. La société Despinoy est une des dernières de la région a effectuer les travaux sur les péniches Freycinet. Ils sont de trois sorte : entretien courant de la coque, diagnostic décennal, déchirage.
Mise en peinture, nettoyage sous la ligne d’eau, c’est de l’entretien courant. il faut mettre la péniche en cale sèche. Cette opération permet aussi d’effectuer le diagnostic décennal (sorte de contrôle technique du bateau). Le déchirage est la dernière phase de vie d’une péniche, la plus tragique, c’est sa destruction morceau par morceau, par découpage. Certains bateliers ont passé toute leur existence sur leur péniche, et au moment de la retraite, si aucun repreneur ne vient, ils doivent abandonner ce pan de leur vie. Le logement correspond à peu de chose près à 10% de la capacité d’emport de la péniche ; 350t = 35m² ; 1500t = 150m² ...

Après ce court arrêt nous repartons vers Douai en longeant la rivière, à l’ombre des frondaisons. Toujours en alternance entre la rive droite et la rive gauche.

Deux kilomètres plus loin, on s’arrête sur l’ouvrage combiné de Lambres lez Douai. Il s’agit d’une écluse et d’un barrage (ouvrage de régulation du niveau de l’eau). Si l’écluse permet le passage des bateaux, lorsqu’il n’y a pas ou peu de navigation, il est nécessaire de réguler le plan d’eau amont. L’ensemble du réseau en Nord Pas de Calais est alimenté par des rivières naturelles, et on ne peut pas les empêcher de couler. C’est un barrage à clapet mobile (inclinable avec une commande par vérin à vis sans fin) à une ou plusieurs passes qui est utilisé dans la majeure partie des cas de notre région. La gestion des niveaux d’eau est automatisée et centralisée. Depuis Lille les agents de la cellule Gestion Hydraulique peuvent vérifier si le niveau d’eau nécessaire à la navigation des bateaux est respecté. En cas de problème, des agents d’astreinte interviennent sur les ouvrages (barrages).

La balade continue et c’est par le quai Devigne que l’on retrouve Douai. Une dernière ligne droite par la rue du grand Bail et l’on se retrouve place Saint Amé, pour un verre de l’amitié et quelques parts de gâteaux.

Le trajet complet a duré 2h30 (pauses et commentaires compris) sur une distance de 13km.

Merci à :
- VNF pour nous avoir autorisé la circulation sur les chemins de halage de la dérivation de la Scarpe
- AMPAVE pour ses informations sur la batellerie

...